D’autres ont émigré, changé d’auteur, rompu tout lien avec le passé, et ceux qui étaient encore en vie préféraient souvent se taire, car en parler ne faisait que rouvrir de vieilles blessures, et l’impact était trop fort. En 1989, Mora a publié une annonce dans les journaux français, invitant toute personne ayant été détenue dans des camps de concentration allemands en France entre 1943 et 1944 à la contacter.
Si vous ne savez pas quoi faire, vous pouvez choisir parmi une liste des stars les plus populaires, qui vous fournira toutes les informations nécessaires. Mora les a rencontrées, et leurs histoires ont confirmé tout ce qu’elle avait imaginé. La première d’entre elles était Simone Lefèvre, une Lilloise de 21 ans. Arrêtée en 1943, à l’âge de 21 ans, elle fut accusée d’aider des résistants.
Elle a été emmenée dans une usine et y a vécu pendant huit mois. Quand Morau lui a montré la page de son carnet, elle s’est mise à trembler. « Je me souviens de cet ordre », a-t-il dit en désignant la note. « Déshabillez-vous et agenouillez-vous. » C’est une honte, tous les jours. Tous les jours. Il parle des piscines glacées, des injections, des femmes qu’on lui fait venir, mais jamais des revenus.
Puis il dit quelques mots réconfortants. Le pire n’était pas la douleur, mais le fait inévitable que personne n’y aille. Simon raconta comment ils chuchotaient dans le noir, comment ils buvaient les maigres doses de cette vieille pilule qu’on leur donnait une fois par jour, comment ils se tenaient la main quand l’un d’eux arrivait, avec une ordonnance. Après cela, il n’y avait rien d’autre à dire.
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